Moutarde, phacélie, avoine… Les engrais verts ne sont rien d’autre que des plantes. Mais pas n’importe quelles plantes : des végétaux aux vertus miracle qui travaillent pour nous. Ainsi, notre potager s’épanouit sans risque pour la richesse et la biodiversité du Parc naturel régional de la Narbonnaise.

Le principe est simple : on les sème lorsque le sol du jardin est nu. Ces plantes éphémères à croissance rapide couvrent et protègent la terre en empêchant les mauvaises herbes de pousser, et en luttant contre l’érosion et le lessivage des sols. Au printemps, on les tond et on les enfouit dans la terre. En se décomposant, elles enrichissent le sol en matière organique, car ces plantes sont de véritables pompes à nitrates, à potasse, soufre et autres sels minéraux solubles. Un engrais 100% naturel et très performant.

L’embarras du choix

Par leur capacité à fixer l’azote atmosphérique, les légumineuses font de parfaits engrais verts : trèfle violet, vesce, pis fourrager, trèfle incarnat, féverole, lupin blanc… La moutarde, le sarrasin, la navette ou le radis fourrager font aussi très bien l’affaire. Bref, nous n’avons que l’embarras du choix. Attention toutefois, certaines associations fonctionnent mieux que d’autres. Il est par exemple déconseillé de cultiver de la moutarde avant une culture de radis, de choux ou de navets : issus de la même famille botanique, toutes ces plantes possédent des maladies et des ravageurs en commun. De même, nous éviterons la vesce avant une culture de haricot et pois, ou encore d’oignon, ail, échalote, qui n’apprécient pas l’azote.

Bonus : en plus de conserver la richesse du sol et de le protéger des mauvaises herbes, toutes ces plantes produisent de très jolies fleurs.


Mode d’emploi

La technique des engrais verts est souvent associée à la rotation des cultures : nous divisons notre potager en 4 carrés et nous faisons varier les cultures, un carré restant réservé aux engrais verts. Cela permet de laisser la terre se reposer. Dès qu’une culture se termine, nous semons un engrais vert pour occuper la terre et éviter qu’elle ne s’abîme. Sitôt la récolte de légumes terminée, nous coupons toutes les tiges et les feuilles, en laissant les racines en place. On passe le croc sommairement, on nivelle au mieux et on sème l’engrais vert assez densément. Lorsque le temps est venu de replanter, l’engrais vert est tondu, de préférence juste après la floraison mais surtout avant que les plantes ne montent en graines. Nous les enfouissons dans le sol après une journée de séchage. Nos légumes peuvent être mis en place après quelques semaines seulement. Ils bénéficient alors d’un sol d’une grande qualité.

D’autres utilisations sont possibles : au lieu d’enfouir cet engrais vert, il peut être séché pour servir de paillage, ou aller rejoindre le tas de compost afin de réaliser un riche terreau qui viendra enrichir le sol de futures plantations.